Archive for the shit robot Category

Borderline Community

Posted in border community, james holden, nathan fake, petter, ricardo tobar, shit robot, we love art on July 8, 2008 by freeyourmind

Ça continue ! Le week-end dernier était vraiment chargé en évènements exceptionnels ! La preuve, We Love Art organisait samedi une soirée en l’honneur du label Border Community ! Alors pour ne pas en perdre une e-miette, j’ai dépêché un autre e-nvoyé spécial sur les lieux… Welcome Julien

Que s’est-il passé samedi soir dernier au fond du bois de Vincennes ? Je ne pourrais pas le dire exactement, malgré ma présence sur les lieux. Les souvenirs sont flous et reviennent progressivement alors que j’essaye de retracer le cours de la soirée. Oh je sais ce que vous vous dites, mais je vous assure que je me suis bien gardé d’abuser de toutes substances alcooliques ou psychotropes, première mission pour Free Your Mind oblige…

Commençons par le début. Phantomas vous en avait parlé il y a quelques jours, la toujours généreuse équipe de We Love Art a décidé de nous offrir une soirée en compagnie de la fine fleur du label Border Community et notamment ses deux jeunes héros Nathan Fake et James Holden. C’est déjà très bien, c’est encore mieux quand on sait que ça se passe dans un endroit insolite voire carrément bucolique : le bois de Vincennes. Idée tout à fait appropriée puisque les artistes du label cultivent tous un penchant pour les ambiances champêtres qui s’accordent bien avec leur style psychédélique et ambient, bien différent des couleurs très urbaines de l’electro germanique. Attention, on n’est pas en mode « teuf » non plus : tout se passe dans un grand bâtiment planté dans la forêt qui fait furieusement penser à une banale salle des fêtes, mais je dois avouer qu’en arrivant sur le site, je me sens tout d’un coup très loin de Paris…

A l’intérieur, Petter est déjà au travail. Mais c’est surtout Ricardo Tobar qui réussit à attirer les gens dans la salle avec un set puissant (un peu gâché par trop d’effets glitch assez gratuits), alors que ceux-ci étaient jusqu’alors plus occupés à siroter leur vodka sous les arbres. Je suis le mouvement et me prend une première déflagration sonore. Ce n’est que le début.

Nathan Fake prend le relais. Je le connaissais surtout par son excellent album Drowning in a Sea of Love, excellent mais pas vraiment calibré pour le dancefloor. J’étais donc curieux de voir comment notre ami allait s’en sortir avec son live dans ce contexte bien différent. Et c’est à partir de ce moment que je perds le fil. Les visages de mes voisins que j’entraperçois dans de rares moments de lucidité me font penser que je ne suis pas le seul à voyager à cet instant précis. Le set est très techno, les beats sont parfois violents mais le petit génie n’oublie jamais de distiller ce qui fait sa marque de fabrique, ces fameuses nappes qui appellent à la méditation. Une musique à la fois physique et spirituelle qui enveloppe son auditeur et le fait partir loin, très loin. Vous avez dit transe ?

La suite, c’est le mix de James Holden, un des grands maîtres de la discipline. Alors que je reprends mes esprits à l’extérieur après le choc Nathan Fake, j’entends s’élever l’excellent titre Chasm d’un artiste méconnu du label DFA, Shit Robot (oui, on peut faire une carrière avec un nom aussi ridicule) et je me précipite dans la salle. Seul problème, mais de taille : le volume sonore, déjà très élevé, est encore monté d’un cran, à un niveau que je n’hésiterais pas à qualifier d’indécent. Holden en rajoute en semblant nous envoyer tout ce qu’il a de plus violent sous la main. Résultat : un public martyrisé, hagard. Beaucoup semble y prendre du plaisir, moi, pas vraiment. Peut être pas assez perché et/ou masochiste. Les gens ont l’air littéralement « soulé » par le son. Un peu facile et pas très subtil, surtout après le tour de force de Nathan Fake, capable lui d’allier force et finesse.

Mais tout ça je me le dirai bien plus tard. Pour l’instant, je me dirige vers la sortie, sonné. Alors que le soleil émerge bientôt au-dessus des arbres, je retourne à la civilisation avec l’impression d’avoir assister à une sauvage fête païenne pendant laquelle je me suis abandonné en compagnie de quelques centaines de mes congénères…